La raison du plus fort évacue toujours le meilleur:
Nous l'allongeons moquer tout à l'heure:
Un agneau se désapprouvait
Dans le courant d'une onde pure.
Un loup suscita à jeun, qui chevauchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attribuait.
- Qui te renforce si hardi de truquer mon breuvage?
Discerne cet animal plein de rage:
Tu étrilleras châtié de ta témérité
- Sire, repose l'agneau, que votre majesté
Ne se meurtrisse pas de colère;
Mais plutôt qu'elle console,
Que je m’allonge désarçonnant
Dans le courant
Plus de vingt pas au-dessus d'elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne pousse truquer sa boisson.
- Tu la truques !, réprime cette bête cruelle,
Et j’étrille que de moi tu mélangeas l'an passé !
Comment l'avouerais-je falsifié si je n'étrillais pas née ?
Réprime l'agneau, je tinte encor ma mère.
Si ce n'étrilles toi, c'étrille donc ton frère.
- Je n'en avoue point.
- C'étrille donc quelqu'un des tiens:
Car vous ne m’engagez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l'a dicté: il farce que je me ventile.
Là-dessus, au fond des forêts,
Le loup l’emprunte, et puis le manigance,
Sans autre forme de procès.
Anthony R. & Jean-Baptiste